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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 00:04

 

 

le bois

 

 

Photo : Sonia  

 

 

 

La plainte du bois

Jean Richepin

 

Dans l'âtre flamboyant le feu siffle et détone,
Et le vieux bois gémit d'une voix monotone.

Il dit qu'il était né pour vivre dans l'air pur,
Pour se nourrir de terre et s'abreuver d'azur,
Pour grandir lentement et pousser chaque année
Plus haut, toujours plus haut, sa tête couronnée,
Pour parfumer avril de ses grappes de fleurs,
Pour abriter les nids et les oiseaux siffleurs,
Pour jeter dans le vent mille chansons joyeuses,
Pour vêtir tour à tour ses robes merveilleuses,
Son manteau de printemps de fins bourgeons couvert,
Et la pourpre en automne, et l'hermine en hiver.
Il dit que l'homme est dur, avare et sans entrailles,
D'avoir à coups de hache et par d'âpres entailles
Tué l'arbre ; car l'arbre est un être vivant.
Il dit comme il fut bon pour l'homme bien souvent,
Qu'à nos jeunes amours et nos baisers sans nombre
Il a prêté l'alcôve obscure de son ombre,
Qu'il nous couvrait le jour de ses frais parasols
Et nous berçait la nuit aux chants des rossignols,
Et qu'ingrats, oubliant notre amour, notre enfance,
Nous coupons sans pitié le géant sans défense.

Et dans l'âtre en brasier le bois geint et se tord.

Ô bois, tu n'es pas sage et tu te plains à tort.
Nos mains en te coupant ne sont pas assassines.
Enchaîné, subissant l'entrave des racines,
Tu végétais au même endroit, sans mouvement,
Et conjoint à la terre inséparablement.
Toi qui veux être libre et qui proclames l'arbre
Vivant, tu demeurais planté là comme un marbre,
Captif en ton écorce ainsi qu'en un réseau,
Et tu ne devinais l'essor que par l'oiseau.
Nous t'avons délivré du sol où tu te rives,
Et te voilà flottant sur l'eau, voyant des rives
Avec leurs bateliers, leurs maisons, leurs chevaux.
Ô les cieux différents ! les horizons nouveaux !
Que de biens inconnus tu vas enfin connaître !
Quel souffle d'aventure étrange te pénètre !
Mais tout cela n'est rien. Car tu rampes encor.
Qu'on le fende et le brûle, et qu'il prenne l'essor !
Et le feu furieux te dévore la fibre.
Ah ! tu vis maintenant, tu vis, te voilà libre !
Plus haut que les parfums printaniers de tes fleurs,
Plus haut que les chansons de tes oiseaux siffleurs,
Plus haut que tes soupirs, plus haut que mes paroles,
Dans la nue et l'espace infini tu t'envoles !
Vers ces roses vapeurs où le soleil du soir
S'éteint comme une braise au fond d'un encensoir,
Vers ce firmament bleu dont la gloire allumée
Absorbe avec amour ton âme de fumée,
Vers ce mystérieux et sublime lointain
Où viendra s'éveiller demain le frais matin,
Où luiront cette nuit les splendeurs sidérales,
Monte, monte toujours, déroule tes spirales,
Monte, évanouis-toi, fuis, disparais ! Voici
Que ton dernier flocon flotte seul, aminci,
Et se fond, se dissout, s'en va. Tu perds ton être ;
Aucun oeil à présent ne peut te reconnaître ;
Et toi qui regrettais le grand ciel et l'air pur,
Ô vieux bois, tu deviens un morceau de l'azur.

 

 

séparation 11

 

 

 

mosaïque 188

 

Un grand pochon, pour enfant sage........

 

 

 

 

mosaïque 188a

 

 

Un reste de vieux drap blanc,de dentelle chinée ......

Tissus à pois, à rayures......

Une petite broderie .....

Et voilà .....

 

 

 

séparation 11

 

 

Et rien que pour vous,

Pour vous souhaiter une merveilleuse journée ....

 

 

mosaïque 188b

 

Juste le coeur de cette fleur blanche .........

 

 

Noshay el68

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Published by Un Petit Air Rétro - dans Broderie Machine
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commentaires

C'est Marie86 16/03/2011 21:17


Le printemps est là avec ce vert tendre ! Un vrai régal pour les yeux que ces montages photo, un grand merci.
Douce soirée.


Thé Framboises 15/03/2011 19:08



Quel plost frais et printanier...L'ensemble est très beau...



véro 14/03/2011 14:16



l'arbre,celui ou tu t'installes l'été dans un jardin vendéen que je connais...NON???je plaisante...très beau poême et bel ouuvrage.Comme le dit C..vivement le mois d'avril,ceux de NANTESseront en
fleurs pour notre épopée annuelle.bisous


véro



evy 14/03/2011 09:08



Ce texte est une pure merveille, et que dire des extraordinaires clichés qui accompagnent délicatement ses lignes ? Comme toujours tu
sais ravir le cœur de tes invités, merci!


« Vous m'offrez la cité... je préfère les bois, car je trouve, voyant les hommes que vous êtes, plus de coeur aux rochers, moins de
bêtise aux bêtes. » Victor Hugo


 


Bienveillante journée Katia



Dorothée 14/03/2011 06:25



Hmmm ! Quelle fraîcheur dans ce joli pochon ! Bonne semaine !



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